L’université de Bordeaux compte près de 60 000 étudiants et 4 000 enseignants-chercheurs dans les domaines des sciences humaines et sociales, des sciences de la vie, des sciences de la santé et des sciences et technologies. C’est une des six universités de la région Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes. Elle est implantée à Bordeaux ou dans sa banlieue (notamment au domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan), à Agen et à Périgueux.

Son statut actuel date du 1er janvier 2014, mais son origine remonte au Moyen Âge.

Historique

L’université sous l’ancien régime

En 1441, la ville de Bordeaux qui était à l’époque sous mouvance anglaise, ce qui créait un obstacle aux « escholier » pour pouvoir se rendre à l’université de Paris, désira créer sa propre université. À la demande de l’archevêque de Bordeaux, le pape Eugène IV crée un studium generale (théologie, droit, médecine et arts) sous l’autorité de Pey Berland. Après la guerre de Cent Ans, l’Aquitaine revient à la France et l’université passe peu à peu sous le contrôle du pouvoir royal3. Mal équipé et sans traditions, cet organisme n’eut qu’un faible rayonnement. Nombre d’étudiants bordelais allaient, comme Michel de Montaigne, suivre les cours de l’Université de Toulouse ou de Montpellier. En réaction à l’insuffisance du collège des arts de l’université, la Jurade crée le Collège de Guyenne en 1553.

François de Foix fonde une chaire de mathématiques en 1591.

L’université ne connaît pas de développement lors de la Renaissance, et en 1709, Laplace écrit au contrôleur général des finances : « Le Collège des lois de Bordeaux est entièrement désert et abandonné par la négligence des professeurs du droit à y faire leur devoir ». L’opposition entre le collège des Jésuites et l’université ne cesse de s’accroître jusqu’à la suppression de la Compagnie de Jésus. À partir de 1713, l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux constitue le pôle savant et artistique de la ville.

En 1793, la Convention supprime les universités. L’école centrale de Bordeaux, qui la remplace est inaugurée le dans les bâtiments du collège de Guyenne.

L’université au xixe siècle et xxe siècle

Empires et Restauration

Les facultés sont rouvertes par Napoléon, elles constituent la partie de l’enseignement supérieur dans l’Université de France (grande administration de l’éducation). Durant la monarchie de Juillet, de nombreuses facultés sont ouvertes, mais elles se contentent d’assurer la collation des grades. Le , dix-sept facultés des lettres, dont celles de Bordeaux, sont supprimées.

La faculté de théologie, inaugurée en 1808, n’a d’abord que trois chaires. Il fallut attendre 1847 pour qu’elle recouvre les six chaires qu’elle avait avant la Révolution. À partir de 1839, elle est installée dans les mêmes locaux que les facultés de lettres et de sciences. Les cours sont interrompus entre 1848 et 1853. Le cardinal Donnet s’est employé à faire venir des professeurs compétents. La faculté est supprimée en 1855.

Le 23 janvier 1838, le conseil municipal de Bordeaux accepte la proposition de Salvandy de créer à Bordeaux des facultés des sciences et des lettres. L’ordonnance du rétablit la faculté des lettres et créé celle des sciences. La faculté des lettres est dotées de cinq chaires : philosophie, histoire, littérature ancienne, littérature françaises et, ce qui constitue une innovation, littérature étrangère ; celle des sciences, de six chaires : mathématiques pures, astronomie et mathématique rationnelle, physiques, chimie, zoologie et physiologie animale, botanique, minéralogie et géologie. Les deux facultés sont inaugurés le , installées dans une annexe de l’hôtel de ville. Malgré des professeurs de renom comme Francisque Michel, l’activité scientifique de ses facultés est assez faible.

La médecine est enseignée à l’École de médecine et de pharmacie de Bordeaux, fondée par la loi du 26 mars 1829.

Troisième République

Fermée depuis 1793, la faculté de droit est rouverte en 1870. Elle s’installe à proximité de la Cathédrale Saint-André de Bordeaux en 1873. Fernand Faure enseigne l’économie libérale et Léon Duguit le droit international.

L’école de médecine est transformée en faculté de médecine et de pharmacie par la loi du et le décret du . Elle s’installe en 1888 place d’Aquitaine (actuellement place de la Victoire) dans un bâtiment construit par Jean-Louis Pascal (1876-1888, 1902-1922). Les travaux des professeurs de la faculté ont une grande notoriété (Eugène Azam et Albert Pitres sur l’hypnotisme, Xavier Arnozan sur la dermatologie, Jean-Alban Bergonié sur la cancérologie).

Le 13 mai 1879 et le 20 juillet 1880, le conseil municipal adopte le projet de l’architecte Charles Durand (1824-1891) visant à transférer les facultés sur le terrain du lycée du couvent des Feuillants, lui-même déplacé au collège des jésuites. Les travaux commencés à la fin 1880 sont terminés au printemps 1885. Le nouveau bâtiment, situé cours Pasteur, est attribué aux facultés le 16 janvier 1886. En 1877, des maîtrises de conférences et de nouvelles chaires sont créées. Le premier titulaire de la chaire d’astronomie physique, Georges Rayet fonde l’observatoire de Bordeaux à Floirac en 1878. Il est rattaché à l’université le . Un professeur de chimie, Ulysse Gayon fonde l’école de chimie en 1891 pour soutenir l’agriculture et le commerce bordelais.

La loi du 18 juillet 1896, due à un ancien professeur de la faculté des lettres de Bordeaux, Louis Liard, constitue l’université de Bordeaux avec ses quatre facultés : lettres, droit, sciences, médecine et pharmacie. Les facultés se développement et de nouvelles chaires sont ouvertes. La faculté des lettres compte onze chaires au début du xxe siècle, dont celle d’histoire de Bordeaux et du Sud-Ouest de la France ouvert en 1891 avec l’enseignement de Camille Jullian. Émile Durkheim enseigne la sociologie entre 1887 et 1902.

Au début du xxe siècle, l’université compte quelques milliers d’étudiants et se situe au quatrième rang des universités française. En août 1914, lors de la Première Guerre mondiale, les bâtiments universitaires sont réquisitionnés par le Gouvernement replié à Bordeaux. Pendant l’entre-deux-guerres, les effectifs augmentent d’un peu moins de 50 %, l’université de Bordeaux a des liens particuliers avec l’Outre-Mer et ses facultés organisent le baccalauréat pour le Maroc, le Sénégal. Avec la Seconde Guerre mondiale, les locaux abritent à nouveau le Gouvernement. Puis pendant l’Occupation, les bâtiments sont utilisés par les allemands, les étudiants sont menacés par le STO et le régime de Vichy révoque certains professeurs.

Après-guerre

Au milieu du xxe siècle, l’université compte 8 000 étudiants, ce qui la situe au deuxième rang des universités françaises derrière Paris. Ils sont répartis entre les facultés de droit (29 %), médecine (28 %), lettres (23 %) et sciences (15 %). Au début des années 1960 les effectifs d’étudiants sont à 13 000 et à la veille de 1968 25 000, le nombre d’enseignants augmente lui aussi de manière spectaculaire. De plus la parité de sexe est atteinte en 1968, alors qu’on comptait en 1945 deux fois plus de filles que de garçons chez les étudiants. Face à ces transformations, les locaux deviennent trop petits et la plupart des facultés déménagent vers un nouveau campus : le domaine universitaire de Talence Pessac Gradignan (sciences en 1960, droit en 1966-67, lettres en 1971). Dans le même temps des annexes s’installent à Pau, mais aussi au Maghreb et aux Antilles. C’est dans ce contexte qu’éclatent les événements de mai 68. À Bordeaux, les facultés sont occupées, la faculté de lettres est le pôle majeur de la contestation, elle sera occupée jusqu’au 17 juin.

En 1948 fut créé l’Institut d’études politiques de Bordeaux (devenu indépendant en 1969). Suivirent l’institut d’économie régionale du sud-ouest et l’Institut d’administration des entreprises

En 1958, les centres hospitaliers universitaires sont créés, et en 1976, la faculté de médecine déménage à proximité de celui-ci, suivi par la pharmacie de 1992 à 2002.

Trois puis quatre universités (1970-2013)

La loi d’orientation de l’enseignement supérieur du 12 novembre 1968, dite « loi Edgar Faure » supprime les facultés et réorganise les universités qui sont désormais administrées par des instances élues. Entre 1968 et 1970, l’université de Bordeaux éclate en trois nouvelles universités : Bordeaux-I (sciences, droit, sciences sociales et politiques, sciences économiques et de gestion), Bordeaux-II (médecine, pharmacie) et Bordeaux-III (lettres).

En 1995, l’université Bordeaux-IV (droit, sciences sociales et politiques, sciences économiques et de gestion) est créée après la partition de l’université de Bordeaux-I (qui ne garde que les sciences).

Trois de ces établissements se dotent de nom d’usage en référence à des célébrités bordelaises : Victor Segalen pour Bordeaux-II, Michel de Montaigne pour Bordeaux-III et Montesquieu pour Bordeaux-IV.

En 2000, Bordeaux-I compte 10 722 étudiants, Bordeaux-II 15 175, Bordeaux-III 14 847 et Bordeaux-IV 12 681 soit un total de 53 425 étudiants.

Collèges de formation

Droit, science politique, économie, gestion

  • Faculté de Droit et science politique
  • Institut du Travail
  • Faculté d’Économie, gestion et AES
  • Institut d’administration des entreprises (IAE)
  • Département des langues

Sciences de la santé

  • UFR de Sciences médicales
  • UFR de Sciences pharmaceutiques
  • UFR des Sciences odontologiques
  • Institut de Santé Publique, d’Épidémiologie et de Développement
  • Institut du thermalisme

Sciences et technologies

  • UF des Sciences chimiques
  • UF de Mathématiques et interactions
  • UF d’Informatique
  • UF de Physique
  • UF des Sciences de l’ingénieur
  • UF des Sciences de la terre et environnement
  • Département Licence
  • Département des langues, lettres et communication

Sciences de l’Homme

  • UF d’Anthropologie
  • UF de Psychologie
  • UF des Sciences de l’éducation
  • UF des Sciences et techniques des activités physiques et sportives
  • UF de Sociologie
  • Département des langues et cultures

D’autres composantes sont hors collège : l’unité de formation de biologie et l’institut universitaire de technologie.

L’école supérieure du professorat et de l’éducation de l’académie de Bordeaux (qui a succédé à l’école normale et à l’institut universitaire de formation des maîtres) est une composante de l’université. Ce rattachement est provisoire car l’école doit a terme être rattaché à la Comue Aquitaine. Elle dispense un enseignement dans le cadre du master MEEF (Sciences pour les métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) et se décline en huit spécialités d’enseignement, accessibles en formation initiale ou continue. Les 1 200 étudiants en master sont répartis sur les six sites de formation implantés dans chaque département de l’académie. Le siège de l’ESPE d’Aquitaine est situé à Mérignac.

Enfin l’institut de la Vigne et du Vin est une composante, assimilée à une UFR, qui a pour missions de favoriser les échanges entre toutes les disciplines concourant au développement de la connaissance dans le domaine de la vigne et du vin, il coordonne et promeut l’offre de formation, la recherche, l’attractivité internationale ainsi que la valorisation de ses différentes activités.

(source Wikipédia)

sciences et technologies
santé
droit, science politique, économie et gestion
science de l'Homme
ESPE
IUT
ISVV