L’université de Bretagne-Occidentale (nom officiel : Université de Brest, abrégée en UBO) est une université française pluridisciplinaire située dans le département du Finistère et la région Bretagne. Elle est implantée principalement à Brest, à Quimper sur le pôle universitaire Pierre-Jakez-Hélias, ainsi qu’à Morlaix. Établissement support de l’École supérieure du professorat et de l’éducation de Bretagne, elle dispose à ce titre d’implantations à Rennes, Vannes et Saint-Brieuc. C’est l’une des quatre universités de l’académie de Rennes.

Elle est créée en 1971 à partir de plusieurs composantes de l’université de Rennes implantées à Brest à partir de la fin des années 1950 à la suite des activités du comité d’étude et de liaison des intérêts bretons. L’établissement intègre le pôle de recherche et d’enseignement supérieur université européenne de Bretagne lors de sa création en 2007, et accède aux responsabilités et compétences élargies en 2010.

L’établissement dispense à 17 413 étudiants, des formations dans les domaines des arts-lettres-langues, du droit-économie-gestion, des sciences humaines et sociales, ainsi que des sciences-technologie-santé.

Ses activités de recherche sont assurées par quelque 1 350 personnels de recherche et 719 enseignants-chercheurs, et elles sont structurées autour de quatre pôles : « sciences de la mer », « santé agroalimentaire », « math-STIC-matière » et « sciences humaines et sociales ».

Historique

Genèse de l’université brestoise

Soutien du CELIB

L’idée de créer un enseignement supérieur à Brest commence à apparaître après-guerre. Localement, elle est formulée dès 1954 par des intellectuels comme Auguste Dupouy ou Maurice Gravot et relayée par des enseignants du lycée de Brest regroupés autour d’ Yves Le Gallo. Celui-ci publie à l’intention de la municipalité un rapport intitulé « Brest, son avenir et l’enseignement supérieur » en  ; il obtient assez vite le soutien du maire de l’époque Yves Jaouen et, dès le 25 mars de la même année, le conseil municipal adopte les conclusions de ce rapport par un vœu unanime.

Le Gallo prend alors contact avec René Pleven qui préside à l’époque le comité d’étude et de liaison des intérêts bretons pour lui communiquer son rapport. Il reçoit une réponse positive de ce dernier dès le qui lui propose de présenter ses conclusions devant l’assemblée générale du CELIB qui doit se tenir le 28 octobre à Carhaix. Afin d’éviter une possible opposition rennaise, le secrétaire du CELIB Joseph Martray ainsi que son vice-président Michel Phlipponneau proposent de ne pas faire figurer ce point à l’ordre du jour, mais de l’aborder de façon informelle. Le projet reçoit ainsi le soutien de l’assemblée qui en fait un objectif prioritaire, et une délégation composée de René Pleven et de François Tanguy-Prigent rencontre le ministre de l’Éducation nationale René Billères le . La création d’un collège scientifique universitaire est obtenue pour l’année suivante.

Au même moment, en octobre 1958, est décidée au niveau français la création de sept collèges scientifiques universitaires afin de développer en priorité l’enseignement scientifique et technique. Henri Le Moal, alors doyen de la faculté des sciences de Rennes et finistérien d’origine soutient la création d’une telle structure pour son établissement. Cependant, venant de Cornouaille, il soutient une implantation à Quimper, tout comme le préfet du département afin de regrouper les organes d’État dans la préfecture départementale. La mort du député-maire de Quimper et cofondateur du CELIB Joseph Halléguen un peu plus tôt empêche cependant la ville d’obtenir cette implantation, et le choix de Brest n’est pas contesté.

Du côté rennais, la nouvelle est accueillie favorablement, car cette création permet de faire face à l’augmentation du nombre d’étudiants consécutive au baby-boom, le développement de nouveaux sites universitaires en Bretagne devient une nécessité à partir de la fin des années 1950. L’université de Rennes, alors unique université de la région, se voit confier l’ouverture à Brest de plusieurs annexes, dont les deux collèges universitaires chargés de la propédeutique qui ouvrent ainsi en 1959 et en 1960, le premier scientifique et le second littéraire.

Vers une opposition rennaise

Les relations se tendent cependant entre la structure rennaise et ses antennes brestoises. Le nouveau maire de Brest Georges Lombard en évitant de consulter les responsables universitaires rennais prend contact avec le directeur général de l’enseignement supérieur afin d’obtenir la création d’un second collège universitaire, littéraire celui-ci. Après avoir obtenu une vague promesse de ce dernier, il fait voter le par le conseil municipal la construction de ce collège littéraire. La tension augmente davantage la même année avec l’élaboration d’un projet d’école nationale d’ingénieurs électriciens et radio-électriciens.

Dans le même temps, l’hégémonie universitaire rennaise commence à être remise en cause, notamment suite aux actions du président du conseil général de Loire-Inférieure Abel Durand qui souhaite que la Basse-Bretagne soit rattachée à la toute nouvelle académie de Nantes dont les contours sont alors en négociation. Les tensions perdurent, et l’université de Rennes limite à plusieurs reprises le développement de son antenne : la création d’une école de médecine est obtenue de l’université rennaise en 1963, mais sa réalisation peine à s’effectuer, et en 1965 l’établissement rennais s’oppose à la mise en place d’un enseignement de droit et c’est à la municipalité brestoise de le financer. L’opposition entre les deux villes devient plus frontale à partir de 1965 lorsqu’est annoncée la création du centre national d’exploitation des océans : Rennes souhaite une implantation proche d’elle à Vannes et Lorient au sud, et à Saint-Malo et Dinard au nord, alors que Brest veut obtenir la plupart des implantations. Le maire de Brest parvient à obtenir en 1968 un arbitrage favorable à sa cause en jouant de l’opposition entre Paris contre Rennes.

Les structures brestoises continuent cependant de croître, et les collèges universitaires accèdent au rang de facultés, en 1966 pour la faculté de sciences et techniques, et en 1968 pour la faculté de lettres et sciences sociales. Ceux-ci sont rejoints en 1966 par une école de médecine, et en 1967 par un institut municipal de Droit financé par la municipalité. L’embryon d’une nouvelle université, alors traditionnellement structurée en quatre facultés (droit, lettres, médecine, et sciences), est ainsi mis en place. Ces composantes sont rejointes en 1968 par l’institut universitaire de technologie de Brest et en 1970 par l’institut universitaire de technologie de Quimper, dépendant eux aussi de l’université de Rennes. Les événements de mai 68 imposent la création de nouvelles universités par la Loi Faure. L’université de Rennes qui servait de tutelle aux composantes de Brest est scindée en deux universités : l’université Rennes 1 et l’université de Haute Bretagne.

Création et développement

Débuts

L’université de Brest a été mise en place par arrêté ministériel le . Ses statuts ont été approuvés par arrêté ministériel le . Elle a été érigée en établissement public à caractère scientifique et culturel, selon le décret no 70-1174 du , à compter du . Le nom breton de Skol-veur Breizh Izelest d’abord proposé comme nom pour l’établissement, mais le nom d’université de Bretagne occidentale est finalement retenu. La croissance en termes d’étudiants est rapide, les finistériens, qui représentent jusqu’alors le groupe le plus important d’étudiants de l’université de Rennes, s’inscrivant à présent dans cette université. Ceux-ci sont alors à 30 % d’origines paysanne et ouvrière, quand cette proportion, au plan national, n’est que de 13 %.

L’université continue son développement avec, en 1972, l’ouverture d’une unité d’enseignement et de recherche de droit et de sciences économiques à Brest, suivie en 1978, par l’ouverture d’une faculté d’odontologie, et en 1989 par l’ouverture de l’euro-institut d’actuariat Jean Dieudonné. Il est aussi décidé d’étendre l’université vers le sud de la Bretagne pour éviter qu’une nouvelle université n’y soit créée. En 1973, l’institut universitaire de technologie de Quimper ouvre une antenne à Lorient avec un premier département d’hygiène et sécurité. Celui-ci est suivi en 1975 par un second département de génie thermique et énergie qui aboutit par la même occasion à la création d’un nouvel IUT de plein droit, l’institut universitaire de technologie de Lorient.

L’établissement brestois doit continuer de batailler contre ses homologues rennais pour affirmer sa place dans la région lors de sa première décennie d’existence. Le maire de Rennes, Henri Fréville, par ailleurs universitaire à Rennes 1, continue de vouloir affirmer la prédominance de sa ville en matière d’enseignement supérieur et obtient, par exemple, que l’école nationale supérieure des sciences appliquées et de technologie créée à Lannion soit rattachée à son université.

Incubation de l’université de Bretagne-sud

Article détaillé : université de Bretagne-Sud.

L’université joue un rôle dans la création de la 4e université bretonne, l’université de Bretagne-Sud. Afin de faire face à l’augmentation du nombre d’étudiants à la fin des années 1980, l’ouverture d’une nouvelle université est projetée. Le comité interministériel d’aménagement du territoire dote le le site Lorient-Vannes du statut de pôle de développement universitaire (PDU). Plusieurs composantes sont ainsi ouvertes de 1990 à 1993 à Lorient et à Vannes. Une partie des ouvertures de filières est faite par les deux autres universités bretonnes, Rennes 1 et Rennes 2. Le travail de l’UBO se concentre sur le site de Lorient. L’IUT déjà présent depuis 1973 se voit enrichir d’un nouveau département d’organisation et gestion de la production en 1992. Il est suivi l’année suivante par l’ouverture d’un IUP génie des systèmes industriels. Des enseignements de sciences sont aussi introduits, avec en 1990 l’ouverture d’un DEUG de sciences; une mention de DEUG identique est ouverte à Vannes la même année, porté celui-ci par l’université Rennes 1.

Lorsque cette nouvelle université ouvre finalement en 1995, l’intégralité des composantes ouvertes à Lorient et à Vannes lui sont ainsi léguées. Le site de Quimper, dont le transfert d’autorité est un temps envisagé, reste dans le giron de l’UBO.

Développements récents

L’université poursuit son développement, avec la création de nouvelles structures à partir de la seconde moitié des années 1990. L’institut universitaire européen de la mer (IUEM) est ouvert en 1997, suivi d’un institut d’administration des entreprises, l’IAE de Brest en 2001. Une filière de sport est créée pendant la même période. Un DEUG STAPS est ouvert en 1996 afin de décharger l’université Rennes 2, jusque-là la seule université bretonne à offrir cet enseignement. En 2000, cela abouti à la création d’une UFR de STAPS. L’établissement récupère en 2007 la gestion de l’institut universitaire de formation des maîtres de Bretagne. Enfin, un mouvement de restructuration de ces composantes d’enseignement est engagé à la fin des années 2000, celles-ci passant de 21 à 13 entre 2008 et 2011.

Des partenariats sont développés à l’échelle de la région avec la mise en place de l’association « université de Bretagne » en 2001 qui réunit les quatre universités de l’académie de Rennes, suivie par la mise en place du PRES université européenne de Bretagne en 2007 qui élargit cette structure à des grandes écoles de la région. Une proposition de fusion de l’UBO et de l’université de Bretagne-sud est aussi évoquée en 2012 par Pascal Olivard qui dirige alors l’établissement brestois, selon lui pour contrebalancer le poids qu’occupent dans l’Ouest les universités rennaises et de l’université de Nantes, mais elle est aussitôt repoussée par cette université.

Le mode de fonctionnement de l’établissement est aussi modifié à partir de la fin des années 2000. En application de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités, de nouveaux statuts sont adoptés, et l’université accède à l’autonomie au .

En 2016, dans le cadre de la mise en œuvre des COMUE (Communautés d’universités et établissements), l’UBO rejoint l’Université Bretagne Loire (UBL) en tant que membre fondateur.

Composantes

Les composantes de l’UBO sont les suivantes :

Unités de formation et de recherche

L’université est structurée autour de six unités de formation et de recherche créées à partir des années 1970. Elles ont la charge de la formation des étudiants, mais aussi d’une partie des activités de recherche via des laboratoires de recherche et des instituts. L’accession en premier cycle se fait de droit pour tous les titulaires d’un baccalauréat ou d’un titre équivalent.

Il s’agit des unités de formation et de recherche de lettres et sciences humaines (LSH), sciences et techniques (ST), de droit et sciences économiques (DES), de médecine, d’odontologie, et de sport et éducation physique.

Instituts et écoles

Deux instituts universitaires de technologie et cinq écoles et instituts font partie de l’établissement, ils peuvent sélectionner leurs étudiants à l’entrée de leurs formations.

Les deux IUT gérés par l’université sont l’institut universitaire de technologie de Quimper et l’institut universitaire de technologie de Brest. L’établissement compte par ailleurs l’institut d’administration des entreprises de Bretagne Occidentale, l’Institut de Préparation à l’Administration Générale, l’École supérieure du professorat et de l’éducation de Bretagne intégré en 2007, l’institut universitaire européen de la mer, ainsi que l’école supérieure d’ingénieurs en agroalimentaire de Bretagne atlantique que l’université a restructuré à la rentrée 2012.

(source Wikipédia)

arts, lettres, langues
droit, économie, gestion
sciences humaines et sociales
sciences de la mer et du littoral
sciences et technologies des activités physiques et sportives
sciences, technologies et santé