L’université de Caen, dont le nom complet actuel est Université Caen-Normandie (UNICAEN), est une université française, basée à Caen (Calvados). C’est la seule université de la région Basse-Normandie. Elle accueille en 2015-2016 près de 28 000 étudiants, de même que l’université de Rouen.

Elle regroupe des unités de formation et de recherche, instituts et écoles. L’École nationale supérieure d’ingénieurs de Caen est rattachée à l’université. Elle fait partie de la communauté d’universités et établissements Normandie université dont elle est par ailleurs le siège.

Historique

Les deux fondations au xve siècle

La prise de la ville de Caen en 1417 par le roi Henri V d’Angleterre entraîne la destruction ou l’abandon des institutions éducatives précédentes. En 1424, le pape Martin V répond à un premier projet d’établissement d’une université en Normandie présenté par son fils Henri VI. L’université de Normandie est finalement fondée à Caen en 1432 par Jean de Lancastre, 1er duc de Bedford et régent du royaume de France. L’établissement doit permettre de former les futures élites anglaises afin de constituer l’administration de leurs possessions en France, l’Université de Paris n’étant pas considérée comme suffisamment sûre. Les lettres patentes accordées en 1432 ne la dotaient que de facultés de droit canonique et droit civil ; mais à la suite de la reprise de Paris par les Français en 1436, les facultés des arts de et théologie sont instituées dès 1437 et celle de médecine l’année suivante. Le 29 mai 1437 et le 17 mai 1439, Eugène IV envoie des bulles pontificales qui confirment la fondation de l’université normande. Les statuts de l’université sont octroyés par Henri VI dans une grande ordonnance du 27 mai 1439. L’inauguration solennelle a lieu le 20 octobre 1439 dans l’église Saint-Pierre. C’est alors la troisième université anglaise après Oxford (fondée en 1096) et Cambridge (fondée en 1209) ; en revanche, Caen n’est que la treizième université du territoire français. Son premier recteur est Michael Tregury.

Après avoir repris la ville, Charles VII reconnait le 31 juillet 1450 l’université de Caen. Mais il supprime la faculté de droit civil sous le prétexte qu’il n’en existe pas dans l’université de Paris avant de la relever le 30 octobre 1452. L’université en est si reconnaissante qu’elle offre de brûler les chartes d’Henri VI, ce que Louis XI ne permet pas, lui ordonnant même de célébrer le rétablissement d’Henri VI sur le trône d’Angleterre le 30 octobre 1470. De nouveaux statuts sont rédigés en 1457, mais ils ne sont qu’une copie de ceux de 1439.

Le développement de l’université sous l’Ancien Régime

L’université s’installe dans l’ancienne halle de la mercerie située rue des Cordeliers, puis sur une propriété derrière le chevet de l’église Saint-Sauveur léguée en 1476 par Marie de Clèves. Sur cet emplacement, l’architecte Brodon construit le palais des facultés entre 1694 et 1704. Les assemblées générales se tiennent dans le couvent des Cordeliers situé à proximité (sur le site de la clinique de la Miséricorde). L’université dispose de plusieurs collèges dans la ville, le collège du Mont, le collège du Bois, le collège du Cloutier et le collège des Arts.

Créée comme rivale de la Sorbonne, l’université de Caen ne reçoit pas les faveurs des rois de France et connait de ce fait un développement bien moindre.

Elle se développe par la suite. Lorsque le roi Louis XIV fait publier la liste des auteurs ad usum Delphini, dont l’idée revient au Caennais Pierre-Daniel Huet, la ville de Caen fournit à elle seule plus d’hommes capables d’y travailler que des provinces entières. L’érudit néerlandais Gaspard van Baerle y étudie la médecine au début du xviie siècle.

C’est à l’occasion de la Fête aux Normands que célèbre l’université chaque année le 8 décembre qu’en 1527, l’avocat Jean Le Mercier invite les poètes à concourir pour des prix, circonstance d’où est né le célèbre Palinod de Normandie auquel la Muse normande doit tant, et qui se pérennise jusqu’à la Révolution.

Au moment où la Révolution française se prépare, l’université de Caen est l’une des plus importantes du royaume. Sa bibliothèque est l’une des mieux dotées et le traitement élevé dont disposent les professeurs montrent que la situation financière est favorable. En ce qui concerne les effectifs (388 étudiants en novembre 1788), la faculté de droit est la troisième de France (après Paris et Toulouse) et la faculté de médecine se place au quatrième rang (après Paris, Toulouse et Montpellier).

Suppression de l’université

Quand la révolution éclate, l’université est atteinte à son tour. À la rentrée de novembre 1789, les effectifs s’effondrent et une partie des fonds de la bibliothèque est vendue par le bibliothécaire qui se prépare à s’exiler en Angleterre. La crise éclate en 1791 quand les professeurs appartenant à un ordre religieux refusent de prêter le serment que les « ecclésiastiques fonctionnaires publics » doivent prêter en vertu du décret du 27 novembre 1790. Par une déclaration du 25 mai 1791, le corps universitaire condamne la constitution civile du clergé et refuse également de prêter le serment exigé par le décret du 22 mars 1791. À la suite de cette déclaration, l’université reçoit le soutien du pape Pie VI dans un bref apostolique du 9 juillet 1791. L’établissement est finalement fermé, anticipant ainsi de plus de deux ans la suspension de l’enseignement universitaire dans l’ensemble du pays le 15 septembre 1793. Seuls les cours de médecine sont maintenus.

Un décret du 25 février 1795 modifié ensuite par la loi Daunou sur l’organisation de l’instruction publique crée les écoles centrales. La rentrée solennelle de l’école centrale du Calvados a lieu dans l’ancien Palais des facultés le 31 décembre 1796. Les écoles centrales sont finalement fermées le 1er mai 1802.

Rétablissement et développement de l’université

Une des douze écoles de Droit, instituées par la loi du 22 ventôse an XII (12 mars 1804), est établie à Caen par un décret du 21 septembre 1804.

Par la loi du 10 mai 1806, Napoléon Ier rétablit les facultés de Caen au sein de l’Université de France ; mais l’université de Caen en tant que corps constitué n’existe plus. Le projet de reforme des universités, proposé en 1876 par le ministre de l’instruction publique William Henry Waddington, prévoyait que les facultés de Caen deviennent des annexes de l’université de Paris ; mais le projet n’est pas proposé au vote du parlement. Il faut attendre 1896 pour que l’université de Caen soit recréée quand les corps de facultés constitués en 1893 deviennent des universités (loi du 10 juillet 1896).

Du fait du développement du nombre des étudiants, le palais des facultés est considérablement agrandi à la fin du xixe siècle, puis au début du xxe siècle. Mais malgré les programmes d’extension, la place vient à manquer. Dans les années 1920-1930, un embryon de nouveau campus se développe à l’extrémité de l’avenue Albert Sorel : maison des étudiants (1928), cercle des étudiants, dit maison de l’A (1931), laboratoire départemental de bactériologie du Calvados (1932). Un concours lancé en 1938 pour construction sur la Prairie d’une nouvelle faculté des sciences au sud de la Maison des étudiants est remporté par Georges Damblère et Jacques Duvaux ; mais le manque de crédits, puis la guerre ralentissent le projet qui ne sera jamais mené à bien.

La destruction et la renaissance de l’université

Le 7 juillet 1944, l’université, qui accueille alors un millier d’étudiants, est entièrement détruite lors de l’opération Charnwood.

Alors qu’il est prévu de transférer l’université à Rouen, Yves Guillou, à la tête de la délégation spéciale de Caen, obtient le maintien de l’institution dans la ville et la rentrée solennelle a lieu le 14 décembre 1944.

Entre la rentrée d’octobre 1944 et 1954, les bâtiments de l’école normale d’instituteurs (actuel rectorat) accueillent les étudiants en attendant la construction d’une nouvelle université. Sous l’impulsion de Pierre Daure, préfet puis recteur, une nouvelle université voit le jour dans le quartier du Gaillon, alors terrain vague, en tablant sur l’accueil de 3 500 étudiants. Sa reconstruction, sur les plans de Henry Bernard, s’étale de 1948 à 1957. L’actuel campus 1 a été classé au titre des monuments historiques le 15 mai 2012.

L’université de Caen, comme beaucoup de ses équivalentes, a connu une très forte croissance depuis l’inauguration de ses nouveaux locaux en juin 1957. Elle est passée de 4 000 étudiants à environ 25 000 en 2005.

Deux antennes de l’université de Caen sont devenues des entités indépendantes :

  • Université de Rouen (1966) ;
  • Université du Maine (1977).

Composantes

Unité de formation et de recherche

  • UFR des Sciences de l’Homme
  • UFR de Géographie
  • UFR d’Histoire
  • UFR des Langues Vivantes Étrangères
  • UFR de Droit et des Sciences Politiques
  • UFR de Sciences Économiques et de Gestion
  • UFR de Psychologie
  • UFR de Sciences
  • UFR des Sciences et techniques des Activités physiques et sportives
  • UFR des Sciences Pharmaceutiques
  • UFR de Médecine

Écoles et instituts

  • Institut universitaire de technologie d’Alençon
  • Institut universitaire de technologie de Caen
  • Institut universitaire de technologie Cherbourg-Manche
  • École supérieure du professorat et de l’éducation
  • École supérieure d’ingénieurs de l’université de Caen Basse-Normandie (ESIX)
  • Institut d’administration des entreprises
  • Institut de biologie fondamentale et appliquée
  • Institut universitaire professionnalisé de banque-assurance
  • Institut de préparation à l’administration générale

(source Wikipédia)

sciences, technologies, santé
sciences humaines et sociales
Droit, économie et gestion
arts, lettres, langues