L’université de Nîmes est une université située à Nîmes dans le département du Gard en France créée en 2007, et est l’une des cinq universités de l’académie de Montpellier. Elle succède au Centre universitaire de formation et de recherche (CUFR) de Nîmes, créé en 2002 à partir du regroupement des antennes locales des trois universités de Montpellier.

Les composantes de l’université sont réparties sur quatre sites dans l’agglomération nîmoise. Son implantation principale est dans le fort Vauban au nord du centre-ville de Nîmes ; elle dispose d’un site secondaire aux Carmes dans le centre-ville, ainsi qu’une implantation dans le parc scientifique Georges Besse au sud de l’agglomération. Un quatrième site, le site Hoche, a ouvert ses portes à la rentrée 2013 et prend place dans un éco-quartier en plein réaménagement, place du président Doumergue, près de la rue Hoche, à l’est du centre-ville.

Elle est par ailleurs membre du pôle de recherche et d’enseignement supérieur « Université Montpellier Sud de France » depuis sa création en 2009.

Historique

Première délocalisations universitaire

Les premières structures universitaires ouvertes à Nîmes sont des composantes de l’université de Montpellier, puis après 1969, des trois universités montpelliéraines. Les premiers départements d’IUT ouvrent en 1968, et la même année, une capacité en droit est ouvert. Ce dernier enseignement est complété en 1971 par l’ouverture d’un premier cycle complet en droit. La ville dispose aussi depuis 1972 d’un cursus complet d’études médicales. L’IUT devient un IUT de plein exercice en 1992.

Vers la création de l’université

Au début des années 1990, plusieurs collectivités locales expriment leurs faveurs sur le projet de création d’une université à Nîmes. En 1990, le schéma régional d’aménagement et de développement du territoire de Languedoc-Roussillon va dans le sens d’une université de plein exercice, en faisant le parallèle avec la création de l’université de Perpignan qui avait permis à son époque d’éviter le départ des étudiants vers la région voisine. En 1995, le schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche fait état de l’esprit des milieux locaux, eux aussi favorables à la création d’une université : « La création d’une université de plein exercice est une revendication ancienne des milieux économiques et des élus nîmois, mais elle s’impose désormais avec une acuité toute particulière à une brève échéance ». La même année, le maire de Nîmes affirme vouloir passer à l’horizon 2000 de l’université à Nîmes à une Université de Nîmes.

Contrairement aux pouvoirs politiques, la plupart des universités de Montpellier sont à cette époque opposées à l’autonomisation de leurs structures nîmoises. Pour Montpellier I, la création d’une université à Nîmes signifiait la division de son UFR de médecine, et donc de la réduction de son numerus clausus. Pour Montpellier II, la situation était ambivalente, car elle reconnaissait l’identité nîmoise d’un département de son UFR de sciences, tout en s’opposant elle aussi à la création d’une université de plein exercice. L’absence d’équipe de recherche à Nîmes rendait difficile la constitution d’une UFR, et par ailleurs cela aurait signifié le rattachement de l’IUT de Nîmes, fort de 1 000 étudiants à l’époque et d’un potentiel de recherche important pour l’université. Enfin, pour Montpellier III, la seule université locale favorable à une université autonome à Nîmes, l’ouverture d’enseignements dans cette ville permettait de désengorger son campus principal après une forte hausse de ses effectifs. Pour ces différentes raisons, les universités-mères n’ont pas coordonné leurs actions sur le site de la nouvelle université.

Mise en projet

Plusieurs scénarios sont envisagés pour la création de la nouvelle université, et en 1995, 1998 et 2000, trois missions sont mises en place par le ministère chargé de l’enseignement supérieur pour étudier leurs faisabilités.

Un projet d’« université du grand delta » est formulé, projet qui prévoit de réunir le site nîmois avec l’université d’Avignon. La proximité de ces deux villes et d’Arles, ainsi que des expériences concluantes d’université multisites mis en place les années précédentes font que le projet est soutenu dès 1997 par la présidence de l’université d’Avignon, qui espère ainsi dépasser le seuil des 10 000 étudiants, mais aussi par le ministère de l’Éducation nationale dans un rapport de 2000. Cependant, l’opposition à ce projet est forte, car les villes concernées, à la limite de deux régions, de trois départements, et de deux académies, dépendant d’administrations différentes, mais aussi parce que le projet pourrait passer pour une forme d’annexion du site de Nîmes par l’université d’Avignon, créée dès 1984. Dès 2000, ce projet est écarté.

Un projet d’« université de Nîmes » est aussi formulé, avec deux approches possibles. Une université thématique est ainsi proposée dès la mission de 1995, centrée sur le thème des « sciences de la valorisation des patrimoines », mais celui-ci est repoussé par les universités montpelliéraines. Elles critiquent ce projet pour n’avoir pas un thème insuffisamment cohérent avec les projets d’établissement tels que définis dans les contrats quadriennaux, et craignent par ailleurs de devoir y abandonner certaines de leurs compétences et de leurs disciplines. Le ministère de l’éducation nationale propose en 1999 une autre approche en faisant figurer Nîmes dans une liste de six villes où il propose de créer des universités technologiques, mais le projet reste à l’époque sans suite.

Enfin, dans un rapport de 2000 du ministère de l’éducation nationale, deux urgences sont mises en lumière concernant le site nîmois de l’époque, à savoir, lui conférer une identité et une autonomie, mais aussi, lui trouver une solution juridique et institutionnelle. Le statut d’EPA est alors privilégié, et celui-ci voit le jour par un décret du 16 avril 2002, rattaché aux universités de Montpellier.

Création et développement

Le centre universitaire de formation et de recherche

Le centre est créé en 2002, à minima, et ne réunit pas toutes les composantes universitaires présentes à Nîmes. Ni l’IUT de Nîmes, ni l’antenne de médecine ne rejoignent l’EPA, un IUT ne pouvant pas, selon les textes en vigueur, être rattaché à ce type de structure.

Des difficultés apparaissent aussi avec les universités présentes à Montpellier. L’EPA reste rattaché à ces universités, et dépend donc des orientations de ses deux conseils propres, mais aussi des neuf conseils des trois universités montpelliéraines. Ainsi, lorsque les demandes d’habilitation de la filière littéraire du centre universitaire de Nîmes sont transmises au ministère via l’université Montpellier III, celles-ci ont toutes un avis défavorable formulé par cette dernière. En juillet 2003, aucune des conventions que le centre doit conclure avec chacune de ses universités de rattachement n’est approuvée par celle-ci, posant notamment des problèmes pour la validation des diplômes ou pour l’organisation de la recherche. Des conflits apparaissent aussi au sujet des dotations que les universités perçoivent du ministère en fonction du nombre d’étudiants scolarisés, les universités de Montpellier refusant de reverser au centre nîmois les dotations reçues en 2003 pour ses étudiants.

L’université

L’établissement accède au statut d’université par le décret no 2007-733 du . Son premier président, Jacques Marignan, est élu en décembre de la même année. Elle accède par ailleurs aux compétences élargies le , et adopte ses statuts définitifs en 2012. Elle participe au projet de PRES Université Montpellier Sud de France avec le statut de membre associé lorsque celui-ci est lancé en 2009, ainsi qu’aux appels d’offre auquel elle participe dans le cadre du grand emprunt.

L’université voit aussi courant 2010 réapparaître à Nîmes le projet de création d’une deuxième université, sous la forme d’une université de technologie, portée par l’Université de technologie de Troyes et par le député Yvan Lachaud, mais repoussé par plusieurs des membres de l’université.

L’université de Nîmes est choisie en 2011 comme établissement porteur du Centre universitaire de formation et de recherche de Mayotte, créé par décret du , et dont les statuts s’inspirent de l’établissement nîmois. En , Emmanuel Roux est élu président, succédant à Jacques Marignan.

Composantes

Départements pédagogiques

L’université est divisée en trois départements pédagogiques pour ce qui concerne les activités d’enseignement. Cette structure provisoire est héritée de l’ancien centre universitaire, et une structure définitive doit être adoptée en 2012.

  • Le département Psychologie, Lettres, Langues et Histoire est dirigé par Pierluigi Graziani. Il compte en 2011 quelque 1 500 étudiants inscrits dans quatre licences, une licence professionnelle, ainsi qu’un master. Il est situé sur le site Vauban.
  • Le département Sciences et Arts est dirigé par Patrick Meffre. Il compte en 2010 un peu moins d’un millier d’étudiants inscrits dans trois licences, cinq licences professionnelles, et un master. Il est situé sur le site des Carmes, dans le centre ville de Nîmes pour ce qui concerne les enseignements de biologie, de physique-chimie, de mathématiques et d’informatique, sur le parc George Besse pour les enseignements de géochimie et sur les sites Vauban et Hoche pour ce qui concerne les enseignements d’arts appliqués et de design.
  • Le département Droit, économie et gestion est dirigé par Nicolas Font. Il compte en 2011 quelque 1 400 étudiants inscrits dans deux licences, quatre licences professionnelles, deux spécialités de master et en doctorat. Il est situé sur le site Vauban.

(source Wikipédia)

droit, économie et gestion
Psychologie, lettres, langues et histoire
sciences et arts