L’université d’Amiens ou université de Picardie-Jules-Verne, de nom d’usage université de Picardie Jules Verne (UPJV), est une université française créée en 1969, dont le siège est à Amiens mais qui dispose de campus dans plusieurs villes de la région des Hauts-de-France.

Histoire

Si l’université de Picardie n’a été créée qu’en 1969-1971, l’enseignement universitaire remonte à 1804, année de la création de l’École de santé.

1804-1942 : l’École de santé et une éphémère faculté des lettres

L’École de santé est organisée à partir de mars 1804, à l’initiative de la Société médicale d’Amiens et de la commission administrative des hospices d’Amiens. L’inauguration a lieu le 22 germinal an XII (12 avril 1804) et les cours commencent le 15 vendémiaire an XIII ()2. L’École est installée à l’Hôtel-Dieu, le laboratoire d’histoire naturelle et le jardin des plantes servant pour les cours de botanique. L’école forme alors essentiellement des officiers de santé.

En 1808, le décret organisant l’Université impériale fait d’Amiens le siège d’une académie. Elle doit donc théoriquement abriter une faculté des lettres et une faculté des sciences. En fait, seule la faculté des lettres voit le jour le . Elle est toutefois supprimée avec une dizaine d’autres par une décision du Conseil royal de l’instruction publique, confirmée par une ordonnance de Louis XVIII le .

À la suite de la réorganisation des études de médecine en 1820-1821, l’École de santé est soumise au régime universitaire et prend le nom d’École secondaire de médecine et de pharmacie.

En 1840-1841, une nouvelle réforme transforme l’École secondaire en École préparatoire de médecine et de pharmacie. L’établissement est rattaché à l’académie de Douai mais reste financé par la commune et le département. En 1883, la ville installe rue Henri-IV (en face de la cathédrale), une annexe comprenant notamment des laboratoires.

La loi du supprime le titre d’officier de santé, obligeant tous ceux qui veulent faire de la médecine à obtenir le titre de docteur. Dans ces conditions, certains élus estiment que l’École préparatoire n’a plus lieu d’être. Un débat acharné, au cours duquel Jules Verne prend la défense de l’École, a lieu au conseil municipal qui décide finalement du maintien de l’École par 13 voix contre 12. En 1896, les cours sont transférés dans le quartier Saint-Leu et l’annexe de la rue Henri-IV est abandonnée. Les étudiants de médecine ne peuvent suivre à Amiens que le certificat de physique, chimie et sciences naturelles puis les trois premières années de médecine, après quoi ils doivent rejoindre une faculté (Paris ou Lille) pour le doctorat.

En 1918, les événements conduisent à transférer brièvement l’École préparatoire d’Amiens à Rouen. En revanche, les bombardements de 1940 entraînent la destruction complète de l’Hôtel-Dieu et des locaux de l’École. Les cours sont alors déplacés à l’ancien évêché, actuelle École supérieure de commerce d’Amiens.

1942-1971 : développement des formations universitaires et création de l’université

En 1942, pour pallier les difficultés d’accès aux UFR de droit de Lille et de Paris, un enseignement juridique est créé à Amiens par convention entre la ville, l’université de Lille et la faculté de droit de cette ville. Ces enseignements s’installent à leur tour dans l’ancien évêché. Par un décret du 10 février 1955, l’École préparatoire de médecine et de pharmacie est transformée en École nationale de médecine et de pharmacie, qui a le statut d’institut d’université et est rattachée à la faculté de médecine de Lille. Cette école s’installe progressivement dans de nouveaux locaux, situés rue Frédéric-Petit, dans l’ancien collège des Prémontrés.

En 1958, l’offre de formation est complétée par la création d’un collège scientifique universitaire (CSU) et d’une École supérieure de lettres, rattachés également à Lille. Il se constitue la même année un informel « centre universitaire d’Amiens » chargé des questions communes à l’ensemble des formations.

Dans les années qui suivent, l’enseignement universitaire d’Amiens cherche à gagner en autonomie en souhaitant devenir une université à part entière. Cependant, les services du ministère refusent de créer une université dans une ville qui n’est pas le siège d’une académie. La difficulté vient des hésitations des représentants du département de l’Aisne qui se sentent plus proches de Reims que d’Amiens et revendiquent, si une nouvelle académie doit être créée, d’en fixer le siège à Saint-Quentin, jugée plus centrale. Si la demande ne reçoit pas d’écho favorable du gouvernement, le ministre de l’Éducation nationale promet toutefois à la ville la création d’un enseignement supérieur scientifique, ce qui sera chose faite en 1964 avec la création d’un CSU.

Cette même année 1964 voit finalement la création de l’académie, notamment grâce à l’intervention de Robert Mallet qui en devient recteur. C’est aussi en 1964 que sont inaugurés les bâtiments du CSU à Saint-Leu, à l’emplacement de l’ancien Hôtel-Dieu.

En 1965, le Conseil des établissements d’enseignement supérieur est créé et un premier Guide de l’étudiant est publié. Les enseignements de lettres et de droit s’installent à leur tour rue Frédéric-Petit.

C’est à cette époque également que commencent les travaux de construction du Campus, prévus pour abriter, à terme, la totalité des formations universitaires, ce qui ne se produira pas.

En 1966, l’École nationale de médecine et de pharmacie est érigée en faculté de médecine, mais le même décret prévoit la suppression progressive des enseignements de pharmacie. La nouvelle faculté reste rattachée à l’université de Lille.

Au cours des événements de mai 1968, les collèges juridique, scientifique, littéraire s’autoproclament facultés.

Devant les revendications et à la suite des modifications législatives intervenues entre-temps (Loi Faure), le gouvernement revient sur sa décision prise en 1966 et crée une faculté mixte de médecine et de pharmacie à Amiens.

Finalement, le 27 mars 1969, l’université d’Amiens est créée par un arrêté. Elle regroupe :

  1. l’UER mixte de médecine et de pharmacie ;
  2. les anciens CES d’Amiens et de Saint-Quentin renommés UER de sciences exactes et naturelles ;
  3. l’UER de lettres et sciences humaines ;
  4. l’UER de droit et de sciences économiques ;
  5. les instituts universitaires de technologie qui viennent d’être créés.

Un conseil provisoire est chargé de gérer l’université et surtout d’élaborer les nouveaux statuts. Le conseil décide en octobre 1969 de changer le nom de l’université en université de Picardie, ce qui donne lieu à des contestations de ceux qui pensent qu’il pourrait y avoir d’autres université en Picardie. La nouvelle université obtient cependant gain de cause sur la question du nom.

Les statuts sont finalement approuvés par un arrêté du 17 novembre 1970, donnant lieu à l’élection des premiers conseils statutaires (conseil d’administration et conseil scientifique) et celle du premier président de l’université, Dominique Taddeï, le 16 mars.

Depuis 1971 : développement et transformations de l’université de Picardie

Depuis 1971, l’université s’est développée en gagnant en intérêt auprès des étudiants picards, qui peuvent désormais suivre leurs études à Amiens voire dans d’autres villes de la région jusqu’au troisième cycle.

L’université s’est ainsi implantée dans les trois départements de Hauts-de-France, notamment à Beauvais et à Soissons.

À Amiens, les enseignements de droit et de lettres ont rejoint le campus en 1971.

Pour les UFR de médecine et de pharmacie (distinctes depuis 1974), l’installation au campus reste longtemps un projet, mais devant les divers retards pris, il est finalement décidé en 1987 de les déplacer à l’ancien hospice Saint-Charles. Commencée à partir de 1991, l’installation s’achève avec l’ouverture de la bibliothèque en 2002.

Les UFR de droit et d’économie ont retrouvé le centre ville à partir de 1997.

Enseignements et recherche

Formation

L’UPJV est une université pluridisciplinaire qui assure la formation des étudiants dans presque tous les domaines de la connaissance. Elle est d’ailleurs organisée en quatre domaines :

  • arts lettres langues ;
  • sciences humaines et sociales ;
  • droit économie gestion ;
  • sciences, technologies et santé.

(source Wikipédia)

droit, économie, gestion
sciences humaines et sociales
Sciences, technologies, santé