L’université Paris-Diderot (nom officiel : Paris-VII) est une université pluridisciplinaire située à Paris, et elle est une des sept universités de l’académie de Paris. Elle a été créée en 1971 à la suite de la scission de l’université de Paris. Depuis son déménagement en 2007 du campus de Jussieu, elle est principalement implantée dans le quartier de Paris Rive Gauche. L’université est membre du PRES Sorbonne Paris Cité depuis le 31 mars 2010.

Elle est spécialisée dans le domaine des sciences, des formations du domaine de la santé, des sciences humaines et sociales, ainsi que des arts, lettres et langues. Ses activités de recherche se concentrent autour de 102 équipes (dont près de 80 % associées à de grands organismes de recherche) et regroupent près de 2 300 doctorants et 2 000 enseignants-chercheurs. Elle forme près de 25 000 étudiants.

Parmi les personnalités liées à l’université, deux enseignants ont obtenu un prix Nobel, et deux autres ont exercé la fonction de ministre de l’Éducation nationale en France.

Historique

Création de l’université

Articles connexes : Loi Faure et Université de Paris.

Avant les évènements de Mai 1968, il existait une seule université à Paris créée aux alentours de 1200, supprimée en 1793 et recréée en 1896. Elle était composée de six facultés. La loi Faure a imposé aux anciennes facultés de se diviser en UER avant de se recomposer en universités nouvelles. Lorsque Robert Mallet est nommé recteur de l’Académie de Paris en 1969, les anciennes facultés ne sont pas encore engagées dans la constitution d’universités pluridisciplinaires. Il essaie alors d’obtenir la création d’au moins une université de ce type.

À la rentrée 1968, la faculté de médecine est divisée en dix facultés. Jean Bernard, alors directeur de l’institut de recherche sur les leucémies, et opposé à la séparation entre les sciences et la médecine, se rapproche du projet porté par Robert Mallet. L’opposition au démantèlement est plus forte à la faculté des sciences dirigée par le doyen Marc Zamansky. Le recteur Mallet obtient cependant du ministre de l’éducation Olivier Guichard que le projet d’université pluridisciplinaire se réalise si au moins 10 % des enseignants de la faculté des science se prononcent favorablement au départ de certains de leurs membres pour la nouvelle université, et obtient après consultation 13 %. Le ministère appuie alors le départ de ces enseignants. La faculté des lettres avait déjà été divisée entre les nouvelles universités de Paris I, III, IV et V. Un groupe d’enseignants, principalement anglicistes mais aussi géographes, ne se retrouve pas dans les projets pédagogiques de ces universités et se joignent eux aussi au projet.

L’université voit la signature de ses premiers statuts dès le , et est officiellement créée le 1er janvier 1971. L’université Paris-VII naît ainsi non seulement d’une simple scission administrative mais aussi d’une division politique et pédagogique au sein des chercheurs scientifiques issus des facultés de l’université de Paris. Dans le domaine de la santé, elle est alors constituée de deux unités d’enseignement et de recherche médicales, les centres hospitaliers et universitaires « Bichat-Beaujon » et « Lariboisière – Saint-Louis » auxquelles s’ajoutent une unité d’hématologie (l’institut de recherche sur les leucémies) et une unité de sciences humaines cliniques formées de psychanalystes. En lettres et sciences humaines, quatre unités entières rejoignent l’université, l’unité d’anthropologie, ethnologie et sciences des religions, l’unité de didactique des disciplines scientifiques, l’institut d’anglais, et l’unité de langues et civilisations de l’Asie orientale; en outre une unité de sciences des textes et des documents est créée par des membres de l’unité de littérature et langue françaises ne souhaitant pas rejoindre l’université Paris IV, et un département de recherches linguistiques est créé. Ces unités sont principalement implantées rue Charles V et à Censier. En sciences, trois unités sont divisées entre Paris VI et Paris VII, les unités d’algèbre et géométrie, de biochimie, et de biologie génétique, et trois unités sont créées par regroupement de membres de dix unités ayant rejoint Paris VI, une unité de biologie, une unité de physique et une unité de chimie, auxquelles s’ajoute la création d’un département de géologie. Ces unités sont restées sur le campus de Jussieu.

Débuts difficiles

L’université doit faire face dès sa création à des problèmes de locaux concernant ses composantes scientifiques. Elles doivent partager avec l’université Paris VI le campus de Jussieu. L’UFR de Mathématiques, qui ne dispose que de trois salles de cours avant la création des secteurs 24-34-44 du campus, doit héberger l’administration de l’université.

Des problèmes matériels s’ajoutent à cela, l’administration insuffisamment dotée en personnel IATOS par le ministère devant recourir à du personnel recruté hors concours administratif, et sur les crédits de fonctionnement de l’université. Cette situation crée des tensions avec d’autres secteurs de l’université, comme le domaine médical, mieux doté en personnel mais qui voit ainsi ses budgets baisser.

L’établissement doit aussi faire face peu après sa création à un projet de déménagement en dehors de la région parisienne, et la ville de Nice est un temps évoquée.

Développements à partir des années 1990

À la suite d’une circulaire émanant de la direction de la programmation et du développement universitaire de septembre 1991, l’université commence une procédure pour accoler au nom officiel « université Paris-VII » un nom propre choisi par le conseil d’administration. Une première liste de noms est présentée par le conseil d’administration de l’université et par les directeurs d’UFR lors du CA du . Cette liste est ensuite soumise à un référendum auprès des membres du personnel, et un premier résultat est présenté lors du CA du . Les noms de « Jussieu », de « Denis Diderot », puis d’« Albert Einstein » arrivent en tête de cette consultation. Afin de ne pas faire primer l’une des disciplines de l’université sur une autre, le CA vote finalement pour l’appellation de « Denis Diderot ». Le nom est officiellement adopté par l’université à la suite des « journées Denis Diderot » organisées du 2 au 5 novembre 1994.

L’établissement se rapproche d’autres universités parisiennes à partir du milieu des années 2000 dans le cadre de la mise en place de pôles de recherche et d’enseignement supérieur (PRES) et du plan campus. Un premier rapprochement est opéré en avec la création de l’association Paris Centre Universités, qui regroupe alors l’université avec celles de Paris 1 et Paris 5, alors que les autres universités parisiennes s’étaient unies autour du projet de Paris Universitas l’année précédente. Les projets portés par ces premières réunions d’établissements ne sont pas retenus lors de la première phase du plan campus d’, et de nouveaux rapprochements se forment. Paris 7 intègre par la suite le projet Sorbonne Paris Cité, qui rassemble aussi les universités de Paris 3, Paris 5 et Paris 13, ainsi que d’autres établissements d’enseignement supérieur comme SciencesPo, et le PRES est officiellement créé le 13 février 2010.

L’université revoit son organisation interne, en passant ainsi aux compétences élargies au 1er janvier 2009, et en ouvrant une école d’ingénieurs à la rentrée 2010.

Création du campus « Paris Rive Gauche »

Jusqu’en 2005, le campus de Jussieu compte près de 40 000 étudiants, soit le double de l’effectif prévu initialement, hébergeant simultanément trois établissements universitaires comportant locaux administratifs, laboratoires de recherche, amphithéâtres, salles de travaux dirigés et salles de travaux pratiques. Le manque de locaux devient alors un problème crucial d’autant que la durée problématique et imposante du désamiantage du « gril d’Albert » (dix ans minimum) impose la mobilisation d’une quantité considérable de locaux de substitution (appelés « locaux tampons ») : ces raisons expliquent l’échec du parachèvement du campus dans le cadre du plan « Université 2000 ». Après un relevé cadastral de ses locaux effectué en 1989, l’université n’a posé la question du déménagement du campus qu’au début des années 1990 : il s’est avéré que le coût final de location de locaux tampons aurait été aussi élevé que le coût de construction de locaux neufs.

En novembre 1995, Jean-Pierre Dedonder, alors président, présente le projet de déménagement aux autorités de tutelle. La dénomination Paris Rive Gauche (PRG) concerne non seulement le projet de déménagement mais aussi le site d’implantation définitif de la totalité des composantes (hors secteur santé). L’université, convaincue par le coût onéreux et long des travaux engendrés par de telles remises aux normes, poursuit alors sa politique de création de nouveaux bâtiments sur le nouveau campus, tout en permettant ainsi une meilleure clarification de la répartition des locaux avec sa consœur l’université Paris 6 et l’Institut de physique du globe. Le conseil d’administration de l’université, réuni le , se prononce unanimement en faveur du déménagement.

Le projet de déménagement commence à se concrétiser fin 1999 par six opérations dans le cadre du contrat de projets État-région : rénovation des Grands Moulins de Paris et de la Halle aux Farines et construction de quatre bâtiments. La deuxième phase de construction ayant été lancée en 2010, l’université dispose aujourd’hui dans le prolongement du site PRG de 155 000 m2 de locaux neufs ou réhabilités, dont la livraison finale par le groupement UNICITÉ (groupe Vinci) est attendue pour 2012 dans le cadre d’un partenariat public-privé : les bâtiments, loués pendant 27 ans pour un loyer annuel d’un montant inférieur à dix millions d’euros hors-taxes (dont 15 % assureront le financement des coûts de maintenance et d’exploitation) deviendront ensuite propriété de l’université. La première pierre des premiers bâtiments a été posée le 30 septembre 2004 par François Fillon, alors Ministre de l’Éducation nationale, et celle des quatre derniers le 21 janvier 2010 par Valérie Pécresse, alors Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Composantes

L’université est structurée conformément au code de l’éducation, qui fixe l’organisation légale des universités en France. On y trouve des unités de formation et de recherche(UFR), des instituts, des départements, ainsi que des services communs.

Structures d’enseignement

L’établissement dispense ses formations par des UFR, des instituts, ainsi que des départements dédiés aux formations de première et deuxième années de licence.

Les formations en sciences sont composées des deux départements de formation de Licence « Sciences de la Nature et de la Vie » et « Sciences exactes », de l’école d’ingénieur Denis Diderot, de l’IUT Paris Jussieu, de l’institut de recherche sur l’enseignement des mathématiques, ainsi que des cinq UFR de chimie, d’informatique, de mathématiques, de physique et de « sciences de la Terre, de l’environnement et des planètes ».

Les formations en lettres et sciences humaines sont organisées par un département de formation de Licence « Lettres et Sciences Humaines », l’institut de la pensée contemporaine, ainsi que de huit UFR d’études anglophones, d’études interculturelles de langues appliquées, « géographie, histoire, sciences de la société », de langues et civilisation de l’Asie orientale, de « lettres, arts et cinéma », de linguistique, de sciences humaines cliniques, et de sciences sociales.

Les formations en santé sont structurées autour de l’institut universitaire d’hématologie, ainsi que de deux UFR de santé (odontologie et médecine).

Enseignements et recherche

Formations

À la rentrée 2015, l’université Paris-Diderot propose 27 mentions de licence dont 8 spécialités de licence professionnelle, 192 diplômes universitaires/interuniversitaire, un diplôme d’ingénieur, un diplôme universitaire de technologie et un diplôme de recherche technologique.

En 2006, le domaine Lettres et sciences humaines a délivré 1 037 licences, 848 masters et 81 doctorats ; le domaine Sciences et techniques 711 licences, 687 masters et 274 doctorats ; le domaine Médecine et odontologie 48 masters et 214 doctorats ; et le domaine Sciences économiques et gestion 52 licences. Dans le cadre du plan « Réussite en Licence », l’université a déclaré avoir investi 4,5 millions d’euro (dont 2,1 millions provenant de la dotation gouvernementale) pour renforcer l’encadrement, la méthodologie, le suivi pédagogique et l’allongement des horaires des bibliothèques.

La licence générale est délivrée dans quatre domaines qui se déclinent en mentions, puis en spécialités : Arts-Lettres-Langues (quatre mentions), Droit–Économie-Gestion (une mention), Sciences humaines et sociales (cinq mentions) et Sciences, Technologie, Santé (neuf mentions). Lors de leur évaluation par l’AERES, treize de ces mentions ont obtenu la notation A ou A+, 5 la notation B et une la mention C. L’université délivre également sept mentions de licence professionnelle.

Le master est délivré dans trois domaines qui se déclinent en mentions, puis en spécialités et éventuellement en parcours : Sciences et technologies (quatre mentions, seize spécialités), Sciences de la vie, de la santé et de l’écologie (onze mentions, trente-six spécialités) et Sciences humaines et sociales (treize mentions, cinquante spécialités). Selon les chiffres publiés en janvier 2015 par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, 93 % des diplômés 2011 de Paris 7 en Sciences humaines et sociales et en Sciences, technologies et santé occupaient un emploi trente mois après l’obtention de leur diplôme, 92 % en Lettres, langues, arts, 98 % en Psychologie.

(source Wikipédia)

arts, lettres, langues
droit, économie, gestion
sciences humaines et sociales
sciences, technologies
médecine et odontologie